A la découverte de nos ressources
- mailland julie
- 21 juin
- 5 min de lecture
Quand cette question m'a été posée il y a quelques années, je me suis aperçue que je n'y avais jamais réfléchis. Pire encore, j'ai eu cette désagréable prise de conscience qu'il n'y avait rien dans ma vie, à ce moment là, qui me ressourçait réellement. Je savais que quand je fumais une cigarette, cela me donnait l'impression d'un apaisement mais évidemment, cette stratégie, comme toutes addictions, ne me faisait pas du bien. Les addictions sont des moyens d'éteindre le feu des émotions, elles font diversion mais elles ne nourrissent pas notre être.
Alors, j'ai d'abord cherché la définition d'une ressource :
Dans le domaine qui nous intéresse ici (le prendre soin), les ressources sont ce dont nous disposons pour nous régénérer, pour retrouver ou cultiver un certain bien-être, un équilibre et (re)trouver de l'apaisement.
C'est aussi ce qui tire d'embarras, améliore une situation.
Je suis alors partie en exploration de mes ressources. Je sais que nous les êtres humains, pour nous sentir complets, équilibrés, alignés, avons besoin de prendre soin de toutes les dimensions de notre être : physique (corps), émotionnelle (cœur), mental (esprit) et spirituel (âme). Pas simultanément, ça serait impossible, mais alternativement. Alors, une première piste pour découvrir mes ressources ou les développer a été de chercher comment prendre soin de mon corps à certains moments, à d'autres de mes émotions et ce qui nourrirait mon esprit et mon âme. J'ai été soulagée de constater que j'avais quand même quelques ressources dans ma vie : un groupe de pratique en CNV où je recevais de l'empathie, de la bienveillance, où je pouvais clarifier mes émotions et mes besoins; une capacité à m'émerveiller - qualité de présence qui me faisait le plus grand bien; des lectures et des petites formations pour nourrir ma pratique de thérapeute. J'ai réalisé que je prenais plus soin de mon cœur et de mon esprit et je ne m'occupais pas de mon corps. J'ai alors décidé de me lever un peu plus tôt le matin pour faire 10-15 min d'exercice physique 5-6 jours par semaine. C'est aujourd'hui devenu une routine qui me fait beaucoup de bien.
Je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin. Je voulais développer d'autres ressources.
J'ai appris qu'il en existait de différents types. Je vous les partage, en faisant le vœu que cela soit une contribution, que ça vous aide à identifier celles que vous avez actuellement dans votre vie et celles que vous pouvez développer.
On peut tout d'abord distinguer les ressources internes et externes. Les premières sont des qualités innées (mais qui peuvent aussi se développer avec le temps) telles que la patience, la persévérance, la résilience, l'imagination, le courage et des compétences acquises au cours de notre vie comme une capacité d'écoute (de soi/de l'autre), d'organisation, de communication, de résolution de conflits, ... ou des talents cachés. Les ressources externes sont à l'inverse ce que nous pouvons trouver autour de nous : des personnes, des animaux, des activités sportives, créatives, la nature, la musique, ...
Nous différencions également les ressources immédiates/ponctuelles mobilisables en situation de crise et celles quotidiennes : des pratiques répétées, fréquentes.
Personnellement, si je me sens submergée à un moment donné par une émotion désagréable, envahit par un certain mal-être, cela me fait du bien de prendre quelques secondes pour respirer plus profondément, ou de pouvoir appeler un(e) ami(e) pour avoir un espace d'expression et d'écoute. En parallèle, j'essaie de mettre en place des pratiques régulières comme faire des exercices physiques au moins 5 fois par semaine, prendre un temps de méditation au moins 3 fois par semaine (je n'y arrive pas tout le temps !), exprimer tous les jours (plusieurs fois par semaine en tout cas) ma gratitude. Ces pratiques m'aident à cultiver un état intérieur plus serein, un ancrage et régule mon système nerveux. Ainsi, je retrouve plus facilement, plus rapidement de l'apaisement en situation de crise. Ces pratiques de bien-être développent notre capacité de résilience.
Enfin, il y existe les ressources dans le faire et celles dans l'être. Les premières sont tout ce que je met en action pour m'apporter du bien-être, plutôt valorisées dans notre société. Alors que les secondes sont tout aussi importantes car elles nous invitent à ralentir le rythme, ce qui apaise profondément tout notre système biologique. Ce sont des états d'être, une qualité de présence, comme la gratitude, l'émerveillement, la contemplation, la pleine conscience.
Quelques informations complémentaires à savoir sur les ressources.
Tout le monde en a, chaque corps a ses propres ressources. Elles peuvent être évidentes ou cachées, actives ou oubliées.
Lorsqu'une personne a été traumatisée, ses ressources instinctives de protection ont été submergées partiellement ou en totalité. Ces ressources peuvent être perdues ou oubliées après un seul évènement traumatisant. Si le trauma a eu lieu pendant l'enfance, les ressources sont restées inexploitées, comme un potentiel qui n'a pas pu s'exprimer, être déployé.
Il est important de trouver du soutien extérieur si vous avez des difficultés à trouver vos ressources seul et même de demander l'aide d'un thérapeute si vous avez souffert de traumatismes qui vous empêchent aujourd'hui de mobiliser vos ressources et d'accéder à un état de bien-être, d'apaisement.
Pratique pour se connecter à sa malle de ressource :
Prenez quelques profondes inspirations, conscient(e) de l'air qui entre et ressort par vos narines. Sentez ensuite le contact de vos pieds sur le sol, tournez votre attention vers vos points d'appui et les sensations qu'ils procurent (dureté, chaleur, fraîcheur, humidité, fourmillement, ...). Prenez conscience que la terre est toujours sous vos pieds, elle vous soutient, vous maintient, vous permet de ne pas tomber. Cela vous apporte un sentiment de sécurité. Puis vous allez imaginer que vous rentrez dans votre bibliothèque intérieure, cette salle qui renferme toute votre sagesse. Laissez-vous imprégner par cette pièce intérieure, par le calme qui y règne. Prenez le temps d'observer comment elle est aménagée, de sentir les odeurs qui flottent dans l'air, d'écouter le silence apaisant de ce lieu. Puis vous vous laissez attirer par un livre. Vous le prenez, vous sentez la douceur de sa couverture en cuir sous vos doigts et vous lisez le titre : Mes ressources. Ce livre contient tout le savoir innée qu'il y a en vous. Ouvrez-le et recevez ses enseignements, retrouver vos ressources.
Je vous invite à noter dans un carnet tout ce qui va vous venir à l'esprit en lien avec vos ressources, spontanément, sans réfléchir d'abord. Dans un second temps, vous pourrez mobiliser votre mémoire et votre réflexion pour compléter.
S'il vous est difficile de capter ainsi ces informations vous concernant et de trouver vos ressources, prenez le temps de vous rappeler ce qui vous a permis de surmonter les moments difficiles, vos traumas. Comment avez-vous fait face ? Qu'est-ce qui vous a le plus aider pour arriver là où vous êtes aujourd'hui? Quelles sont les forces intérieures que vous avez mises à profit dans votre lutte pour continuer à vivre ?
Je vous souhaite une belle exploration et de belles découvertes.
Julie Mailland



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